Le stage EcoMed, organisé par l’Observatoire Océanologique de Banyuls pour Sorbonne Universités, se tiendra la semaine prochaine, du 2 au 20 juillet 2018. 

À cette occasion, le Pr. Gilles Boeuf propose d'ouvrir sa conférence au grand public : 

    "L'Homme ou la Terre en attente, les causes de notre intranquillité ?"

Cette conférence aura lieu

 le mardi 17 juillet à 19h, également dans l’amphithéâtre Alain Guille.

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Résumé :

Les relations entre l’Homme et la nature ne sont pas au beau fixe ! Pourquoi ? Sommes-nous inquiets quant à notre futur ? L’humain a cessé d’être totalement un animal quand, après avoir appris à fabriquer des outils, de plus en plus élaborés, gardés et transportés, il a domestiqué le feu, il y a de cela largement plus d’un million d’années. Et là débutera l’inquiétude et l’intranquillité que nous évoquons ici : l’obsession de garder ce feu actif, inlassablement, partout, en toutes situations et circonstances, même durant les plus longs voyages dans des territoires très humides. Cela voulait-il dire qu’auparavant il n’y avait pas d’intranquillité ? Non, bien sûr, mais pas la même, celle, classique chez tous les animaux mobiles et pourvus d’un système neuronal approprié, de la quête de la nourriture et celle d’échapper aux prédateurs… Trouvera-t-on à manger et pourrons-nous éviter d’être mangés ?  Lucy en savait quelque chose !

Aujourd’hui il nous faut cesser ces scepticismes de tous ordres alimentés par de puissants lobbies irresponsables et, sans irraisonnablement nous effrayer, prendre nos préoccupations environnementales à bras le corps et mettre tout en place pour réagir. Edgar Morin nous dit en 2010 « … le probable est catastrophique, il est que nous allons vers l’abîme… ». Mais il rajoute « …Pourtant, il y a toujours eu de l’improbable dans l’histoire humaine, le futur n’est jamais joué… Le propre de la métamorphose, comme de toute création, est de ne pas être prévisible… il nous manque la conscience d’humanité planétaire… ». Quand admettrons-nous notre irresponsabilité présente et notre mépris total de ce que nous laisserons à nos descendants ? Le pilotage politique actuel à court terme a cessé de fonctionner, les conditions d’expression de notre économie ne sont plus adaptées, ce n’est pas la fin du monde, mais la fin d’un monde, celui qui nous a mené dans l’impasse actuelle. Une économie, croit-on sans tenir compte des externalités, qui consiste à faire gagner de l’argent en détruisant la nature ou en la surexploitant est condamnée, la même prônant une croissance infinie dans un monde fini, demain peuplé de 10 milliards d’humains, menant forcément au chaos social et à la déstabilisation. Oui, nous avons ainsi aujourd’hui beaucoup de sources d’intranquillité, souvent balayées par l’insouciance ou la jouissance de biens matériels à court terme, en délaissant les ¾ des humains… Si la prise de conscience s’est bien généralisée, et la ratification si rapide des Accords de Paris en est une spectaculaire démonstration, faisons-nous cependant tout ce qu’il faut pour enrayer les dégradations généralisées de nos environnements ?

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